Epicure au Bristol, le rêve devenu réalité

Je vous propose aujourd’hui un billet un peu particulier dans la rubrique « bonnes adresses à Paris ». Initialement, je n’avais pas prévu de parler du restaurant Epicure sur le blog car d’une part,  j’essaie de partager dans cette rubrique des adresses accessibles, même si elles sont parfois un peu haut de gamme. D’autre part, je considère que je ne suis personne pour faire la critique d’un restaurant triplement étoilé au guide Michelin! Cependant, après avoir vécu cette expérience sincèrement inoubliable et pleinement consciente que j’ai eu la chance de déguster une fois dans ma vie la cuisine d’un très grand chef, dans l’un plus beaux palaces parisiens, je me suis dit qu’il fallait, à défaut de vous donner mon avis sur ce restaurant, que je vous raconte cette soirée passée dans les hautes sphères de la gastronomie française.

Un week-end à Bristol?

Il y a quelques mois, j’ai quitté l’entreprise dans laquelle je travaillais depuis 5 ans  pour rejoindre mon cher et tendre à Londres. 24 heures avant de prendre mon Eurostar, j’ai fêté, le cœur serré, mon départ entourée de mes collègues. A la fin du traditionnel discours, mon ancien « chef » m’a demandé si je connaissais la ville de Bristol, à l’ouest de L’Angleterre, une ville très sympathique où il me conseillait d’aller passer le week-end. Perplexe au départ (car les mots « Week-end » et « Bristol » ne s’associent pas spontanément dans mon esprit), j’ai  compris, lorsqu’il m’a tendu le livre du chef Eric Fréchon (bien sûr dédicacé), qu’il s’agissait en réalité d’une manière originale et humoristique de m’annoncer que mes chers collègues s’étaient cotisés pour m’offrir un diner au restaurant Epicure, restaurant 3 étoiles Michelin du palace parisien le Bristol, dirigé par Eric Fréchon. Existait-il un cadeau plus personnalisé, qui m’aurait fait encore plus plaisir? La réponse est NON…

Epicure, restaurant du Bristol

Le Bristol est un palace situé au 112 rue du Faubourg Saint-Honoré, à deux pas de l’Elysée, dans le 8ème arrondissement de Paris. Je crois que j’en ai presque assez dit, vous imaginez le genre d’établissement où dès que vous passez la porte, vous n’avez qu’une peur c’est de louper une marche, vous tordre la cheville, dire ou faire quelque chose qui ne conviendrait pas. Fort heureusement, j’ai réussi à arriver jusqu’à notre table, après avoir traversé sans glisser sur le magnifique sol en marbre du hall de l’hôtel et du restaurant, pourtant perchée sur mes talons aiguilles de 12 centimètres, et à peu près aussi à l’aise qu’un éléphant sur une paire de ski!

Ma super collègue et amie, co-organisatrice de cette soirée, m’avait prévenu que la déco était très classique, voire un peu rococco, « un peu comme chez mes parents, tu vois? ». Effectivement c’était complètement çà! Elle m’avait aussi dit que le restaurant donnait sur de magnifiques jardins, que nous avons pu contempler pendant le diner depuis notre table.

3 étoiles Michelin, la perfection

Avant même de recevoir ce très beau cadeau, il y a une question qui me taraudait l’esprit : je me demandais quelle était la différence entre 2 étoiles et 3 étoiles Michelin. Oui je sais c’est tout sauf existentiel comme interrogation. Mais sincèrement, ayant déjà eu la chance de diner dans 3 restaurants doublement étoilés, je me demandais comment il était possible d’aller encore plus loin dans la perfection. J’ai maintenant la réponse et c’est ce que je vais essayer de vous expliquer, ou du moins, vous dire comment je l’ai ressenti.

Le service

Après le décor, c’est le premier « poste » sur lequel on se fait un avis. Et bien entendu, il est plus que positif. Dès votre arrivée, une brigade complète est là pour vous servir (presque trop?), j’ai arrêté de compter après avoir vu 10 personnes différentes attribuées à notre table. Chacun a un rôle bien défini, du commis jusqu’au Maitre d’hôtel en passant par le chef de rang, sans oublier bien sûr notre super pote le sommelier, qui nous a d’ailleurs régalé avec sa sélection de vins de Loire que l’on aurait juré venir de Bourgogne… Tout s’enchaine à la perfection, dans la plus grande discrétion (on les entend à peine marcher derrière nous) : le temps d’attente est assez court mais suffisamment long pour apprécier le moment et on ne manque jamais de rien, comme si quelqu’un surveillait constamment votre table et apparaissait à la moindre imperfection. On vous change même votre serviette de table entre les plats (un peu too much peut-être). Mais surtout, j’ai été bluffée par leur incroyable capacité à détendre l’atmosphère, à plaisanter, tout en conservant une certaine distance. Chaque personne est aussi parfaitement capable de répondre à nos questions et expliquer avec précision comment les plats sont préparés, la particularité des ingrédients, leur provenance…

En résumé : rigueur, discrétion, professionnalisme et élégance.

L’assiette

Pour vous mettre en appétit, voici d’abord un aperçu de l’ensemble des plats que nous avons dégusté, vous en compterez 11 auxquels il faut rajouter les mignardises servies en toute fin de repas. Autant vous dire qu’une fois arrivée à ce stade, je n’en pouvais plus! Je me suis quand même laissée tenter par un macaron à la framboise et un caramel au beurre salé et fruits de la passion, divins…

plats au Bristol - My cherry on the Cake

Tous les plats, sans aucune exception, nous ont comblés. Ce qui m’a frappé, et je pense que c’est en partie en cela que cette cuisine est exceptionnelle, ce sont les associations de saveurs comme par exemple le « poireau d’Ile de France cuit entier au grill, beurre aux algues, tartare d’huitres Perle Blanche, cébettes et citron« , une entrée qui surprend car le contour du poireau est littéralement brûlé. Pourtant, l’intérieur est ultra fondant et l’association avec les huitres est judicieuse.

Les textures sont aussi très étonnantes, la « châtaigne de mer en coque, langues et écumes d’oursin, fine brouillade d’œuf de poule, mouillette de beurre aux algues » en est un parfait exemple. Décrit plus vulgairement, il s’agit d’une brouillade d’œufs avec une mousse/crème (impossible à définir!) à base d’oursin, servie dans un coquetier. La « mouillette » apporte le coté très croquant (bon là je me suis prise pour Sébastien Demorand dans Masterchef, pardon).

La capacité du chef à nous faire aimer des produits que l’on n’apprécie pas d’habitude m’a aussi impressionnée. En découvrant le menu dégustation du jour, je me suis dit que c’était pas gagné du tout pour moi! Je déteste les filets de harengs (mise en bouche), Je n’aime pas les oursins (première entrée), je trouve le merlan quelconque (1er plat) et je n’apprécie pas l’agneau (2ème plat). Quant à mon petit mari, je l’ai vu pour la première fois de ma vie se régaler d’un bulot (servi à l’apéritif) et pourtant il a une aversion toute particulière pour les coquillages en général. Vous l’aurez compris, nous avons tout A-D-O-R-E, de la première à la dernière miette! D’ailleurs, je classerais même le « Merlan de ligne de Saint-Gilles croix-de-vie en croûte de pain de mie, imprimé aux amandes, tétragone mi-cuite relevé à l’huile de curry et péquillos » dans le top 3, avec le « croque-monsieur  à la truffe » dont je ne me suis toujours pas remise et le « citron de menton zesté, givré au Limoncello, saveurs de poire et citron confit », un citron parfaitement reconstitué rempli d’une mousse ultra légère.

L’addition

La 3ème différence avec un 2 étoiles est de taille : le prix a payer pour diner chez un « grand chef« , de surcroit dans un palace parisien frise l’indécence. Heureusement pour nous, seuls les vins étaient à notre charge, le diner ayant été offert par mes anciens collègues comme je vous l’expliquais précédemment. Pour vous donner une idée, le total frôlait les 4 chiffres, et 30% de l’addition couvrait seulement les boissons. Le prix de l’excellence, de centaines d’heures de travail tant en cuisine qu’en salle, pour atteindre ce niveau de perfection indiscutable.

Pour terminer, je voulais vous dire que si vous êtes passionné par la gastronomie, que vous êtes fin gourmet et que vous avez la possibilité un jour de vous offrir ce diner, alors vous passerez quelques heures au paradis, soyez en assuré.

Je remercie du fond du cœur mes anciens collègues pour ce merveilleux cadeau. J’ai eu le privilège de vivre une expérience exceptionnelle comme cela arrive rarement dans une vie, et c’est grâce à vous.

M E R C I

My cherry on the Cake

  1. Quel beau voyage entre la cuisine d une jeune femme organisée et passionnée par la cuisine et le rapport sur la soirée Bristol est un régal disserté de façon a nous donner l eau a la bouche ,mélodie des papilles parfaitement orchestré !

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